"ALS OB STADT "

La ville " Presque Comme "

 

La ville de Terezin (En Allemand Theresienstadt) a été utilisé par les nazis pour donner une image fausse d’un     territoire peuplé de juifs et relevant de l’administration juive. En Filmant le cours d'une une soi-disant vie "normale" les bourreaux nazis ne reculant même pas devant des actions d’embellissement avant la visite du Comité International de La Croix-Rouge afin de cacher au public l’état des choses. Même si elle  cacha un moment la mise en œuvre de la solution finale, cette action n'améliora pas Le sort des prisonniers de Theresienstadt qui n'en fût pas moins tragique que celui des prisonniers d'autres camps.
     De la naissance du ghetto, jusqu’au 20 avril 1945, près de 140 000 personnes passèrent à Terezin. 87 000 d’entre elles furent  déportées en particuliers dans les chambres à gaz de d’Auschwitz-Birkenau. Moins de 4000 survécurent.

 

Ich kenne ein kleines Städtchen

Ein Städtchen ganz tiptop,

Ich nenn es nicht bei Namen,

Ich nenns die Stadt Als-ob

Nicht alle Leute dürfen

In diese Stadt hinein

Es müssen Auserwählte

Der Als-ob-Rasse sein.

Sie leben dort ihr Leben,

Als ob ein Leben wär,

Und freun sich mit Gerüchten,

Als ob die Wahreit wär

Die Menschen auf die Strassen,

Die laufen im Galopp-

Wenn man auch nichts zu tun hat,

Tut man doch als ob.

Es gibt auch ein Kaffeehaus

Gleich den Café de l’Europe,

Und bei Musikbegleitung

Fühlt man sich dort als ob.

Und mancher ist mit manchem

Auch manchmal ziemlich grob-

Daheim war er kein Grosser,

Hier macht er so als ob.

Des Morgens und Abends

Trinkt man Als-Ob-Kaffee

Am Samstag, ja am Samstag,

Da gibts Als-Ob-Haché

Man stellt sich an um Suppe,

Als ob da etwas drin,

Und man geniesst die Dorsche

Als Als-Ob-Vitamin.Man legt sich auf den Boden,

Als ob das wär ein Bett,

Und denkt an seine Lieben,

Als ob man Nachricht hätt.

Man trägt das schwere Schicksal,

Als ob est nicht so schwer,

Und spricht von schöner Zukunft,

Als ob schon morgen wär

 

Leo Strauss

Je connais une petite ville

Presque comme les autres

Je ne l’appelle pas par son vrai nom

Je l’appelle "  Presque Comme "

Ce n’est pas tout le monde

Qui peut vivre dans cette ville

Ce sont les élus seulement

De la "  presque " race

Ils vivent leur vie

Comme si c’en était une vraie

Et se réjouissent de rumeurs

Comme si elles étaient presque vraies

Les êtres humains dans les rues

Marchent en courant

Car même s’ils n’ont rien à faire

Ils font comme s’il étaient presque très occupés

Il y a aussi un grand café

C’est presque un grand café d’Europe

Et au son de la musique,

On se sent presque comme chez soi

Et celui qui avec l’Autre

Se conduit quelquefois brutalement

N’était pas chez lui aussi grand

Mais presque autant qu’il le prétend

Du matin au soir

On boit du presque café

Et le samedi, oui le samedi

On mange quelque chose comme du rôti

On est devant un bouillon clair

Comme si c’était une vraie soupe

Et on apprécie le merlan

Comme si il était bourré de vitamines

On se couche à même le sol

Comme si on était dans un lit

Et l’on pense à son entourage

Presque comme si on avait de ses nouvelles

On supporte le destin tragique,

Presque comme s’il n’était pas dur

Et l’on parle de l’avenir

Presque comme s’il en existait un… 

Traduction libre de Jacques-Yves HENRY

 

 Ce texte est distribué par le Musée Juif de Berlin, dans une de ses annexes, un atelier pour aveugles qui en plein quartier juif dissimula de nombreux juifs handicapés. 

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