Jacques-Yves HENRY

A propos de moi...

En présentant dès 1985 un programme de « Chanson Française » en Allemagne je fus le premier à me mettre  en scène et selon les critiques « fait de chacun des titres qu’il défend une véritable petite pièce de théâtre » (Mannheimer Morgen). «  Il chante autant qu’il joue, qu’il met en scène »( Meier).      

            A la chute du Mur de Berlin j’anime la scène culturelle dans la capitale du Land de Thuringe, Erfurt, m’engage pour la renaissance du yddish et organise même le premier concert sur le site de Buchenwald…

Il peut paraître bien tard à beaucoup de vouloir commencer  une carrière d’auteur et de metteur en scène à cinquante ans. Mais est-ce bien le cas ?  Je ne suis pas vraiment un « créateur » débutant. Dans ma ville natale, ne me suis-je pas conduit en pionnier en créant dans les années soixante une maison des jeunes avant la lettre et en donnant naissance à une troupe qui présentait des mises en scènes de mon cru.          

Et au cours des deux décennies passées à des postes de responsabilités dans la restauration de luxe j’ai eu bien souvent l’occasion de mettre en pratique mes  talents de metteur en scène au quotidien… En me reconvertissant plus tard  dans l’organisation d’évènements, les relations publiques les occasions d’exercer mes dons créatifs se sont encore multipliées…

Revenu en France et décider à me consacrer exclusivement à la création, je dois faire face à mon handicap de ne faire partie d’aucun sérail ou chapelle. Position particulièrement difficile dans une ville comme Lyon.

Mais mon « entrée en écriture » est trop motivée, trop riche aussi de ces années passées « ailleurs » dans beaucoup de sens du mot pour qu’elle ne se trouve pas reconnue un jour ou l’autre.

Que soit remerciés ici les personnes qui ont déjà entrepris de le faire : L’équipe du Carré Trente, celle de l’Espace 44, tous les comédiens qui ont déjà travaillé avec moi,  sans oublier l’actuel Adjoint à la Culture de Lyon, Monsieur Patrice Beghain dont le soutien ne m’a jamais manqué.

 

          A Propos de Mon Travail

           Deux  "Pistes"principales : Le "Public et le Privé" et les rapports "dominants-dominés"...

    Dans la plupart de mes pièces l'essentiel du ressort dramaturgique  est sans conteste la rencontre des différents personnages avec ce qu’on appelle la « vie », c'est-à-dire l’implication d’un ou plusieurs personnages dans la société de leur temps. Quelques ils soient, je privilégient les moments où leur histoire individuelle est en « achoppement », voire en confrontation avec l’Histoire. Ce qui me passionne en effet c’est l’intrusion du « public », au sens le plus large du mot dans la sphère privée des personnages que je crée. Qu’il soit simplement politique, dans le sens : vie de la Cité,  ou plus encore historique. Ces deux définitions ne sont guère différentes d’ailleurs pour moi, aux regards des personnages que je mets en scène puisque, appartenants tous à des « communautés » ils subissent plutôt qu’ils ne participent vraiment à la « vie de la Cité ». Mettre sur le même plan historique l’Holocauste, les mouvements de Mai 68, la création du PACS, le 11 septembre et la « Ruine » de l’Allemagne de 45 peut sembler un peu facile, voire choquant et je partage absolument ce point de vue, seulement lorsque je parle « d’histoire »  je considère ces évènements que de leur point de vue « historique ». Même s'ils s'en défendent tous mes personnages appartiennent tous à des "communautés". Les deux personnages de la Rupture appartiennent à la communauté gay, David, l’homme singe à la communauté juive, le Trader et l’homme d’entretien des « Tours » à la communauté américaine capitaliste, mais aussi chacun à une autre et ensembles, les femmes des « Ruines » à celle des femmes et ceci qu’ils ou elles l’acceptent ou non. Cette appartenance leur fait appréhender à la fois la politique et l’histoire d’une manière particulière.

    Et nous en arrivons forcément ainsi au deuxième vecteur de mes écrits: Les rapports dominants dominés et là aussi souvent à leur corps défendant, quelquefois trop tard pour que leur prise de conscience agisse en quelque façon sur leurs destins, la plupart des personnages remettent en cause les rapports qu'ils entretiennent avec l'autre... Avec l'originalité que pour certains c'est le rôle de dominant qu'il rejette. On peut se demander si cette remise en cause est bien sincère chez le Jacques de la "Rupture" ou le Steve des "Tours" mais que dire des questions que se pose si gravement le jeune David sur son propre peuple (sur de lui et dominateur?), que dire des problèmes qu'évoquent les femmes des Ruines ?

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